Fait divers édifiant

C’est le temps des vaches maigres et des chassés-croisés, la saison des marronniers, et la rédaction – unanime et solitaire – des chroniques farfelues n’est pas mieux lotie que les autres : elle n’a pas de sujet.

Alors, dans un élan de populisme désespéré pour reconquérir un public devenu trop rare, la rédaction cède à la vilaine tentation du sensationnalisme.

Ne nous le cachons pas : en été, le nerf de la guerre de l’actualité, c’est le fait divers. Les chroniques farfelues, elles, se targuent de divertissement littéraire, la belle affaire ! On s’en fout !

Aussi les chroniques se plient-elles à la volonté du peuple, dans un souci de pragmatisme, sans pour autant renier l’exigence de qualité qui les caractérise. Elles ont sélectionné pour vous la crème de la crème, le caviar suprême des faits divers, extrait de la version (très) locale d’un quotidien belge, la Dernière Heure.

Il s’agit véritablement là d’un moment de grâce journalistique. Sous la plume aérienne de l’auteur, le fait divers atteint des sommets de lyrisme. L’enquête rigoureuse, menée tambour battant, parvient à transformer une histoire sordide en polar haletant. Enfin, le misérable événement est analysé avec une telle acuité qu’il acquiert sous nos yeux ébahis la portée universelle d’un grand bouleversement, et jette une lumière nouvelle sur les affres de la condition humaine.

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