Indigestion

C’est le grand raout du printemps : les médias nous gavent en chœur de coulis dégoulinant, comme on fait taire des enfants gourmands. Au menu l’union exorbitante et sacrée, entre le prince, roide héritier de Sa Majesté toute fripée, et sa promise, roturière toute relative issue de la bourgeoisie argentée. Roturière, nous dit-on, car la noblesse n’est pas affaire d’argent mais de ce précieux sang qu’il ne faudrait pas mélanger. Dans la grande valse aux commentaires, les plus mesquins fanatiques ne se privent pas de crier au sacrilège. En face, les apôtres d’une liberté dépassée acclament le courage et l’audace. Tous glosent d’extase, parlent d’amour niais, rivalisent d’affligeants détails. Le conte de fée devient cauchemar : une orgie de bonbons sucrés jusqu’à nausée. On nous fait macérer dans un rêve féodal de rentiers, de couronnes et de palais, fantasme réactionnaire avec son cortège d’enfantillages enrobés de tradition.

Tiens, la prochaine sauterie mondaine, c’est Jean-Paul II qui s’y colle. Comme quoi, même mort on s’amuse encore.

Que ne nous montre-t-on plutôt les rois et les papes quand ils se soulagent aux cabinets ?

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